Union Syndicale des Travailleurs CGT de la Métallurgie de l'Hérault

24 juillet 2015 à 9 heures 30 : réunion syndicats-patrons
pour la revalorisation des RAG[1], du Point RMH[2] et de la prime de panier de nuit[3]

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Dernière mise à jour : 4 août 2015 à 04:30:58

La politique de rémunération des salariés est une chose
trop grave pour être confiée à des employeurs[4]

Introduction

Le 24 juillet 2015, à 9 heures 30, l'organisation patronale UIMM Méditerranée Ouest a convoqué les organisation syndicales pour une nouvelle réunion de la commission paritaire territoriale sur les salaires (CPTS) en vue de terminer la négociation annuelle de mise à jour des dispositions relatives aux rémunérations annuelles garanties (RAG), à la valeur du point RMH qui sert au calcul des primes d'ancienneté, et au montant de la prime de panier de nuit. L'objet de ce document est de préciser où on en est dans cette négociation, quelles sont les positions de la CGT, et ce que doivent faire les salariés pour créer les conditions nécessaires au progrès de la négociation.

Notes :

[1] RAG : rémunération annuelle garantie déterminée chaque année pour chacun des coefficients de classification.

[2] Point RMH : valeur en euro du point « rémunération mensuelle hiérarchique » qui, comme son nom ne l'indique pas, n'a plus rien à voir ni avec le salaire mensuel brut, ni même avec le salaire mensuel moyen minimal de la classification. Le point RMH sert au calcul d'un pseudo salaire qui va entrer dans la formule de calcul de la prime d'ancienneté. Le point RMH et la RMH ont été inventés par le patronat pour faire baisser le pouvoir d'achat de la prime d'ancienneté des non cadres de la métallurgie.

[3] Prime de panier de nuit : La CC non cadres de la métallurgie 34-11-66 précise (article V-9) qu'une prime de panier de nuit est due aux salariés travaillant au moins six heures la nuit entre 22 heures et six heures.

[4] Paraphrase de la célèbre déclaration de Georges Clémenceau faite durant la guerre de 14-18 : « La guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires ».

1 – Où en est la négociation ?

L'organisation patronale UIMM MO (Union des industries et métiers de la métallurgie de Méditerranée Ouest) a pour adhérents des patrons de la métallurgie des trois départements suivants : Hérault, Aude et Pyrénées Orientales.

(Combien ? Quelle représentativité ? La question ne sera pas posée …).

C'est cette organisation patronale qui a négocié avec les syndicats représentatifs de l'époque (CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC et FO) la convention collective non cadres de la métallurgie 34-11-66. Or, les accords de la branche métallurgique sur les salaires et la convention collective non cadres métaux 11-34-66 prévoient expressément la négociation annuelle par une commission paritaire territoriale sur les salaires (CPTS) réunissant l'organisation patronale et les organisations syndicales de trois dispositions particulières de la convention collective :

  • La grilles des rémunérations annuelles garanties (RAG) revue chaque année ;
  • La valeur du point RMH (RMH signifiant rémunération minimale hiérarchique). La valeur du point permet de calculer la RMH. Celle-ci n'a plus aucun lien ni avec le salaire mensuel brut du salarié, ni avec le salaire mensuel minimal garanti. C'est une référence abstraite qu'on calcule en faisant le produit du point RMH par le coefficient du salarié. À son tour, est utilisé pour calculer le montant de la prime d'ancienneté par la formule :
    Prime d'ancienneté = RMH x N /100
    N est l'ancienneté dans l'entreprise si elle est supérieure ou égal à 3 années pleines, et plafonnée à 15 ans d'ancienneté.
  • Le montant de la prime de panier de nuit.

Le résultat de cette négociation, c'est un texte qui constitue un projet d'avenant à la convention collective. Il est soumis à la signature des organisations syndicales représentatives. Dès que ce texte réunit les conditions de validation, il s'impose aux entreprises adhérentes de l'organisation patronale UIMM-MO. Celle-ci soumet ce texte au ministère du travail qui signe un arrêté d'extension. L'arrêté d'extension, dès qu'il est publié au Journal Officiel, impose l'application de l'avenant à la convention collective non plus aux seules entreprises adhérentes à l'UIMM-MO mais à toutes les entreprises de la branche sur le territoire des départements de l'Hérault, de l'Aude et des Pyrénées Orientales, sauf accord d'entreprise ou d'établissement plus favorable.

2 – Projet de l'UIMM MO pour la réunion du 24 juillet 2015

L'UIMM MO a joint à sa convocation pour la réunion du 24 juillet 2015, envoyée le 25 juin, (mais reçue par l'Ustm Cgt 34 le 17 juillet 2015 à 10 heures 42), un fichier qui présente le projet que l'UIMM MO va soumettre aux organisations syndicales. Ce document reprend chacun des chapitres soumis à la négociation : la fixation des RAG pour 2015, la valeur du point RMH applicable le mois suivant la signature de l'avenant 2015, et le nouveau montant de la prime de panier de nuit, applicable le mois suivant la signature de l'avenant 2015. Chacune des propositions patronales est abordée ci-dessous.

Montant des Rémunérations Annuelles Garanties (RAG) pour 2015

Le tableau suivant contient les dernières propositions patronales concernant les RAG 2015, telles qu'elles ont été communiquées aux organisations syndicales en vue du 24 juillet.

Niveau Échelon Coefficient Filières
Ouvriers ATEC Maîtrise d'atelier
Montant Augmentation (%) Montant Augmentation (%) Montant Augmentation (%)
I 1 140 17 741 € 141 € 0,80 % 17 741 € 141 € 0,80 %
2 145 17 761 € 141 € 0,80 % 17 761 € 141 € 0,80 %
3 155 17 781 € 141 € 0,80 % 17 781 € 141 € 0,80 %
II 1 170 17 973 € 143 € 0,80 % 17 867 € 142 € 0,80 %
2 180 17 922 € 142 € 0,80 %
3 190 18 028 € 143 € 0,80 % 17 973 € 143 € 0,80 %
III 1 215 18 441 € 146 € 0,80 % 18 225 € 145 € 0,80 % 18 920 € 150 € 0,80 %
2 225 18 280 € 145 € 0,80 %
3 240 18 991 € 151 € 0,80 % 18 472 € 147 € 0,80 % 19 444 € 154 € 0,80 %
IV 1 255 19 878 € 158 € 0,80 % 19 384 € 154 € 0,80 % 20 094 € 159 € 0,80 %
2 270 20 588 € 163 € 0,80 % 20 261 € 161 € 0,80 %
3 285 21 954 € 174 € 0,80 % 21 465 € 170 € 0,80 % 23 330 € 185 € 0,80 %
V 1 305 23 118 € 183 € 0,80 %
2 335 24 540 € 195 € 0,80 %
3 365 27 297 € 217 € 0,80 %
4 395 29 212 € 232 € 0,80 %

On lira plus loin les critiques de fond de l'USTM CGT 34 à l'encontre de ces propositions. On peut cependant noter tout de suite qu'avec de telles propositions, on défie qui que ce soit d'expliquer à quoi sert la grille hiérarchique de coefficients. On rappellera simplement que cette grille hiérarchique avait, dans l'accord UIMM de juillet 1975, un but précis : permettre le calcul des minis garantis de chaque coefficient par la formule : Coefficient x valeur du point. Comment était déterminée la valeur du point ? Par un calcul simple : il suffisait de calculer le quotient SMIC mensuel moyen de l'année en cours / 140 pour obtenir la valeur minimale du point négocié par les CPTS. En 2015, le montant du SMIC mensuel (base : 35 heures hebdomadaires) est le suivant : 1 457,55 €. La valeur minimale du point aurait donc été : 10,41 €. Les courbes en pointillés du graphique suivant représentent ce qu'auraient été les RAG en 2015 si le principe de la valeur du point n'avait pas été abandonné.

Le graphique ci-dessous représente les courbes propres aux filières Ouvriers, (courbe rouge) ; ATEC, (courbe bleue) ; Maîtrise d'atelier (courbe noire) des RAG par coefficient. En pointillés, les mêmes courbes conformes à l'esprit de l'accord de 1975 sur les classifications. On ne le répétera jamais assez : la grille de coefficients n'a aucun sens si elle n'est pas accompagnée d'une valeur du point qui est fixée à partir des niveaux de qualification : les minis garantis doivent être calculés par le produit du coefficient par la valeur du point. Sans la valeur du point, quel sens donner à la grille de coefficients ?

Graphique N° 1 : courbes des RAG 2015 (proposition UIMM MO du 24 juillet 2015) en fonction du coefficient.

Sur ce graphique  :

  • Les courbes en pointillés représentent les valeurs théoriques qu'auraient les RAG, conformément à l'accord UIMM de classifications de juillet 1975 si le principe de la valeur du point n'avait pas été abandonné.
  • Les courbes en traits continus représentant les valeurs réelles fixées au petit bonheur la chance, coefficient par coefficient, tel que prévu dans l'accord qui a acté l'abandon de la valeur du point.

Après avoir étudié le graphique ci-dessous, on mesure la lourde responsabilité des organisations syndicales qui ont signé l'abandon de la valeur du point : en signant cet abandon, ces organisations syndicales ont donné leur aval à la baisse des minis garantis observée depuis près de 30 ans. L'UIMM MO, quand on lui fait cette observation, répond que les RAG ne sont que des garanties minimales de rémunérations annuelles, mais que les salaires réels versés aux salariés sont largement au dessus. À cette remarque l'USTM CGT 34 répond par les arguments suivants :

  • L'étude des bilans sociaux des entreprises depuis qu'ils existent montre que les salaires moyens sont en général autour de 30 % au dessus des minis garantis. Ceci est vrai aussi bien avant l'abandon de la valeur du point pour le calcul des RAG qu'après. Cela prouve simplement que la baisse du pouvoir d'achat du salaire mini garanti a entraîné, dans une entreprise, la baisse du pouvoir d'achat du salaire moyen à un coefficient donné. Une autre vérification peut être faite à partir des statistiques de salaires réels effectifs données aux délégations syndicales dans le cadre de la négociation annuelle obligatoire. Cela permet de conclure que le salaire moyen d'une catégorie se situe autour de 30 % du mini garanti de la catégorie.
  • Une autre observation doit être faite : dans les catégories nombreuses, environ les deux-tiers des salaires sont compris entre le salaire mini et le salaire moyen. Cette observation a été faite aussi bien avant qu'après l'abandon de la valeur du point pour la détermination des RAG. Cela confirme que cet abandon a tiré les salaires minis et les salaires moyens vers le bas, et en même temps, les deux-tiers des salaires réels compris entre les minis garantis et le salaire moyen d'une catégorie.

En déconstruisant le système de classification des non cadres de la métallurgie fondé sur une grille hiérarchique de coefficients liés à la qualification des salariés, et sur une valeur du point permettant de déterminer les salaires minimaux garantis, l'UIMM s'est engagée dans une perspective de diminution du pouvoir d'achat des salaires. On va voir qu'il en est de même en ce qui concerne le pouvoir d'achat de la prime d'ancienneté.

Projet de montant de la valeur du point RMH, base du calcul de la prime d'ancienneté

Pour bien comprendre le petit scandale qui est en train de se passer, on va d'abord étudier l'évolution de la valeur du point RMH depuis le 1er juillet 2011. En effet, c'est la dernière date à laquelle la valeur du point RMH des coefficients 140 à 190 inclus (Niveaux I et II de la classification non cadres), a été augmentée du même pourcentage que les points RMH des autres coefficients (de 215 à 395). À partir de 2012, les patrons de l'UIMM-MO ont décidé (et les autres syndicats ont signé sans sourciller) de geler les points RMH des coefficients 140 à 190. Depuis maintenant trois ans, les primes d'ancienneté ne sont plus revalorisées. Le tableau suivant permet de mesurer l'ampleur du désastre.

Les valeurs du point RMH par filière et par coefficient, le 1er juillet 2011 et, selon signature, le 1er du mois suivant la signature
Année Filière 140 145 155 170 180 190 Coefficients de 215 à 395
2011Ouvriersbase + 5%6,3686,1775,8265,3805,1224,8914,410
ATECbase6,0645,8835,5485,1244,8784,6584,200
Maîtrise Atelierbase + 7%6,4896,2955,9375,4825,2194,9844,494
2014Ouvriersbase + 5%6,3686,1775,8265,3805,1224,8914,725
ATECbase6,0645,8835,5485,1244,8784,6584,500
Maîtrise Atelierbase + 7%6,4896,2955,9375,4825,2194,9844,815

la lecture du tableau ci-dessus nécessite des explications supplémentaires que voici :

  • Première question : pourquoi la valeur du point RMH est-elle majorée de 5 % pour la filière Ouvriers et est-elle majorée de 7 % pour la filière Maîtrise d'atelier par rapport à la filière ATEC ?

    C'est la conséquence d'un accord de branche qui visait à compenser les conditions de travail difficiles en atelier, que le patronat reconnaissait, avec un bonus supplémentaire de 2 % pour les responsabilités hiérarchiques assumées par les agents de maîtrise d'atelier.

  • Deuxième question : pourquoi les valeurs du point RMH sont-elles supérieures pour les coefficients de 140 à 190, quelle que soit la filière ? Pour le comprendre, il faut se souvenir de l'histoire des négociations de la commission paritaire territoriale sur les salaires (CPTS). Rappelons quelques faits
Brève histoire des reculs planifiés par le patronat pour diminuer le pouvoir d'achat de la prime d'ancienneté

Si on remonte au 1er décembre 1988 (voir le document original de la convention collective UIMM 34-11-66), on trouve en annexe le tableau suivant :

Extrait de l'annexe 6 de la convention collective non cadres de la métallurgie pour le territoire des départements 34, 11 et 66

On note que la valeur du point permettant de calculer les « taux effectifs garantis (TEG) » est de 25,29 Francs, ce qui, théoriquement, permet de calculer les salaires minis mensuels garantis en multipliant le coefficient par la valeur du point.

Mais, déjà, l'UIMM MO ne respectait plus l'accord de juillet 1975 sur les classifications non cadres dans la métallurgie. La valeur du point minimale aurait dû être de 34,077 F.

En fixant la valeur du point à 25,29 F au 1er décembre 1988, l'UIMM MO ne respectait pas la réglementation du travail dont font partie les accords collectifs étendus. Le résultat, on le comprend encore mieux avec le tableau et le graphique suivant.

Le tableau tiré de l'annexe 6 de la convention collective non cadres métaux 34-11-66

Tableau tiré de l'annexe 6 de la convention collective non cadres de la métallurgie pour le territoire des départements 34, 11 et 66. avec calcul des valeurs réels du point par filière et par coefficient

il est clair que dès 1988 les valeurs du point des coefficients 140 à 190 n'étaient pas la valeur du point retenue par l'annexe 6 de la CC. On notera en passant que les valeurs du point de la filière Ouvriers ont bien un bonus de 5 % par rapport à la filière ATEC, alors que la filière MA a un bonus de 7 %. Si les bonus de 5 % et de 7 % sont légitimes et actés par accord de branche, en revanche, les valeurs de points propres aux coefficients 140 à 190 sont hors des règles. On le comprend mieux avec l'observation du graphique suivant.

Représentation graphique de l'annexe 6 de la convention collective non cadres de la métallurgie pour le territoire des départements 34, 11 et 66. En pointillé, ce que dit l'accord UIMM classifs de juillet 1975

Oui, il est important de comprendre pourquoi les courbes de TEG du 1er décembre 1988 pour les coefficients de 140 à 190 sont quasiment horizontales. Si ce n'avait pas été le cas, l'UIMM MO et les syndicats qui ont signé une telle régression de la valeur du point auraient fixé pour les coefficients 140 à 190 des TEG (salaires mensuels minis) inférieurs au SMIC mensuel pour un horaire de 38 heures 30, horaire légal dans la métallurgie à ce moment-là.

Mais ce compromis boiteux (j'applique la valeur du point de 25,29 francs à partir du coefficient 215, mais je maintiens quand même les minis garantis des coefficients 140 à 190 au dessus du Smic) avait une conséquence directe sur le calcul de la prime d'ancienneté. Tout simplement parce que la prime d'ancienneté était calculée sur la base du salaire mensuel minimal garanti !

Le paradoxe, c'est que la valeur du point a été abandonnée par l'UIMM, avec la caution des syndicats signataires, en 1991. Et en même, l'UIMM a inventé la RMH (rémunération minimale hiérarchique), qui n'existe pas, qui est calculée à partir d'un point RMH fixé arbitrairement. Mais si la nouvelle règle de calcul de la prime d'ancienneté s'était appliquée automatiquement, la perte subie par les salariés aux coefficients 140 à 190 auraient été encore plus importante que celle subie par les coefficients 215 à 395. C’est pourquoi l'UIMM MO a maintenu les valeurs du point différenciées pour les coefficients 140 à 190.

En 2011, oubliant qu'elle était la seule responsable de cet état de fait, l'UIMM MO a voulu ré-aligner la valeur du point RMH pour les coefficients 140 à 190 en les gelant sine die. En somme, la règle du point fixe n'était pas respectée par l'UIMM MO et les syndicats signataires, d'où, des valeurs de points plus élevés pour les salariés des niveaux I et II, et ce sont ces salariés là qui doivent être pénalisés.

Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes

En ne respectant pas l'accord de classifications de juillet 1975, l'UIMM MO et les syndicats signataires ont été responsables de la variation de la valeur du point pour les coefficients 140 à 190. Ils ne peuvent se prévaloir de leurs propres turpitudes pour tenter de ré-aligner les RMH au détriment de ceux qui n'étaient protégés que par l'existence du SMIC. Depuis 2011, l'USTM CGT 34 dénonce le gel des primes d'ancienneté des salariés des niveaux I et II et demande au contraire que leurs primes d'ancienneté soient recalculées avec effet rétroactif depuis le 1er juillet 2011. C'est une nécessité évidente à la lecture du tableau suivant

Les propositions de l'UIMM MO faites en vue de la réunion du 24 juillet 2015 à propos du point RMH servant au calcul des primes d'ancienneté
Niveau Échelon Coefficient Filières
Ouvriers ATEC Maîtrise d'atelier
Montant % juillet 2011 Montant % juillet 2011 Montant % juillet 2011
I 1 140 891 € 0,00 % 849 € 0,00 %
2 145 895 € 0,00 % 853 € 0,00 %
3 155 903 € 0,00 % 860 € 0,00 %
II 1 170 914 € 0,00 % 871 € 0,00 %
2 180 878 € 0,00 %
3 190 929 € 0,00 % 885 € 0,00 %
III 1 215 1 016 € 7,17 % 968 € 7,20 % 1 035 € 7,14 %
2 225 1 013 € 7,20 %
3 240 1 134 € 7,18 % 1 080 € 7,14 % 1 156 € 7,14 %
IV 1 255 1 205 € 7,11 % 1 148 € 7,19 % 1 228 € 7,16 %
2 270 1 276 € 7,14 % 1 215 € 7,14 %
3 285 1 347 € 7,16 % 1 283 € 7,18 % 1 372 € 7,10 %
V 1 305 1 373 € 7,18 % 1 469 € 7,15 %
2 335 1 508 € 7,18 % 1 613 € 7,18 %
3 365 1 643 € 7,18 % 1 757 € 7,13 %
4 395 1 778 € 7,17 % 1 902 € 7,15 %

En effet, non seulement il est inadmissible que la prime d'ancienneté des coefficients 140 à 190 n'aient donné lieu à aucun rattrapage depuis le 1er juillet 2011, alors que l'ensemble des primes d'ancienneté aura augmenté de plus de 7 % pendant la même période, Mais l'argument de l'UIMM MO et des syndicats signataires est indigne : s'il faut attendre que la valeur du point du coefficient 140 soit rattrapé par la valeur du point normal, au rythme actuel d'une progression de 0,0725 € par an, il faudrait attendre environ 20 ans ! C'est du délire ! Surtout que cela concerne peu de salariés, et que l'impact sur la prime d'ancienneté est minime : en supposant que la rémunération minimale hiérarchique des coefficients 140 soit revalorisée de 7 %, le montant de la prime d'ancienneté d'un ouvrier au coefficient 140 ayant 10 ans d'ancienneté passerait de 89,10 &euro à 95,30 &euro. Une augmentation mensuelle de la PA de 0,62 &euro par année d'ancienneté. C'est un prix Nobel d'économie, Joseph Stiglitz, qui a parlé du Triomphe de la Cupidité !

Projet de montant de la valeur du point RMH, base du calcul de la prime d'ancienneté

Le tableau suivant donne le montant actuel de la prime de panier de nuit et la proposition de revalorisation faite par l'UIMM MO en vue de la réunion CPTS du 24 juillet 2015.

Prime de panier de nuit
Date d'effet 1er juin 2014 1er Août 2015 (?) Augmentation (%)
Prime de panier de nuit 5,10 € 5,15 € 0,98 %
3 – Rappel de la plate-forme revendicative de l'USTM CGT 34pour la négociation 2015

La délégation CGT qui participera à la réunion de la CPTS du 24 juillet 2015 rappellera la contenu de sa plate-forme revendicative :

  • Revalorisation des rémunérations annuelles garanties (RAG) :

    Rattrapage du coût de la vie : la CGT rappelle que l'indice IPC de l'Insee n'est pas un indice du coût de la vie. L'étude menée par la FTM-CGT avec la fédération CGT des banques et le syndicat CGT de l'Insee cite l'Insee elle-même qui le reconnaît. L'IPC, c'est l'indice des prix des produits et services achetés par les consommateurs. Si le pouvoir d'achat baisse et que les consommateurs achètent de produits de moins bonne qualité, l'Insee n'en tient pas compte alors qu'il s'agit bien d'une régression des conditions de vie. On pourrait multiplier les exemples. L'étude conclut que l'indice IPC de l'Insee doit être corrigé de 1,5 % pour représenter une valeur significative de la hausse du cout de la vie. Pour cette raison, l'USTM CGT demande au titre du pouvoir d'achat une augmentation générale des RAG de 2,3 %.

    Gains de productivité : La productivité moyenne du travail augmente de 3 % par an. Elle augmente l'ensemble de la valeur ajoutée, somme de la rémunération des salariés et des profits (excédent brut d'exploitation). Dans ces conditions il est anormal que les gains de productivité ne soient affectés qu'au profit. La CGT revendique l'augmentation de la rémunérations des salariés, donc des RAG, de 3 % au titre des gains de productivité.

    Rattrapage des pertes de pouvoir d'achat des années précédentes : En 2007-2008 éclate la plus grande crise financière mondiale depuis celle de 1929. Les banques défaillantes provoquent un Krach à la bourse de New York. L'ensemble des états se lance alors une politique d'augmentation des dettes publiques, d'abord pour renflouer les institutions financières. Les conséquences sur les politiques budgétaires et fiscales, sur la protection sociale et les services publics sont désastreuses. L'impact sur les politiques de salaires mises en œuvre par les entreprises est terrible. Il n'y aura pas de reprise de l'économie, un minimum de croissance et donc des créations d'emploi sans que le pouvoir d'achat des salariés soit amélioré. À ce titre, l'USTM CGT 34 demande une augmentation générale des RAG de 4 %.

  • Revalorisation des primes d'ancienneté :

    L'USTM CGT 34 continue de dénoncer de la manière la plus formelle le gel des primes d'ancienneté pour les salariés des niveaux I et II (coefficients 140 à 190).

    Pour en finir avec cette sordide cupidité, l'USTM CGT 34 demande que la valeur du point RMH soit porté immédiatement à 7 € et que les pertes subies par les salariés des niveaux I et II soient intégralement compensées.

  • Revalorisation du montant de la prime de panier de nuit :

    L'USTM CGT 34 demande que la prime de panier de nuit soit portée à 8 € pour compenser les pertes de pouvoir d'achat subies depuis de nombreuses années.

Cela dit, les nécessités absolues de revoir le statut des salariés non cadres (et cadres également) de la métallurgie amène l'USTM CGT 34 à déclarer le besoin impérieux de changer toute la base de la politique de rémunérations de la branche. Une véritable politique de rémunérations définissant des garanties collectives doit prendre en compte les principes suivants :

  • La prise en compte de la qualification professionnelle comme mesure de la capacité de travail et le refus de la détermination des salaires par référence à des niveaux ou poids de postes de travail déterminés unilatéralement par l'employeur ou ses représentants sur des bases plus idéologiques que techniques.
  • L'établissement d'une grille hiérarchique des qualifications tenant compte aussi bien de la formation initiale que de l'expérience acquise et de la formation professionnelle.
  • Le respect de seuils d'accueil définis en relation avec les niveaux de formation reconnus par l'éducation nationale et l'enseignement supérieur.
  • La mise en place d'un système contractuel assurant un déroulement de carrière par la validation de l'expérience acquise et de la formation professionnelle.
  • La prise en compte du fait que le contrat de travail ne fixe pas un salaire nominal à géométrie variable, mais représente, au moment de l'embauche, un pouvoir d'achat. C'est le pouvoir d'achat qui doit être contractualisé, non le salaire nominal.
  • Un système alliant une prime d'ancienneté et une revalorisation de la valeur du point pour assurer une carrière individuelle minimale garantie.

C'est pourquoi la délégation de l'USTM CGT 34 rappellera à l'UIMM MO qu'au-delà des revendications quantitatives pour la revalorisation du pouvoir d'achat des salaires, des primes d'ancienneté et de la prime de panier de nuit, apparaît de manière de plus en plus urgente la nécessité d'une négociation sur les principes. Il faut en finir avec les politiques de gré à gré qui sont la négation même des garanties collectives. Il faut en finir avec la mise en concurrence des travailleurs pour leur emploi et pour leur carrière. L'égoïsme cupide des opérateurs sur les marchés doit être absolument refusé quand la marchandise , comme c'est le cas sur le « marché du travail » est constituée du travail d'hommes et de femmes qui ont le droit de disposer de conditions de vie et de travail décentes.

Cette négociation sur les principes fondateurs des garanties collectives, sur les respect des qualifications des personnes, sur la prise en compte de l'expérience et des acquis de la formation professionnelles, sur le respect de seuils d'embauche pour les premiers emplois, sur la définition de métiers et de carrières est d’autant plus urgent que les travailleurs savent bien que sans travailleurs, il n'y a pas d'entreprise qui tienne et que seul le travail humain est en mesure de créer la richesse nouvelle.

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