03 août 2018
Le destin tragique de la Palestine

vendredi 10 août 2018

En 1923, la Société des Nations (SDN) a validé le saucissonnage de l’Empire Ottoman en confiant à la France un mandat sur la Syrie et le Liban, et au Royaume-Uni un mandat sur la Palestine et l’Irak. Ces quatre territoires avaient été artificiellement découpés d’après un accord secret – dit « Sykes-Picot » – signé en 1916 entre diplomates français et anglais.

La Palestine, le Liban, l’Irak et la Syrie sont donc, à partir de 1923, des entités juridiques créées par le droit international, ayant des frontières artificielles et soumis à des puissances y exerçant un mandat ou un protectorat, bref, une autorité de type colonial ne tenant aucun compte de la réalité tribale ou religieuse des populations.

De plus, pendant la première guerre mondiale, en novembre 1917, le ministre des affaires étrangères britannique, Balfour, fit publier une déclaration officielle du gouvernement anglais envisageant favorablement « l'établissement en Palestine d'un Foyer national pour les Juifs ». Cette déclaration donnait satisfaction à la Fédération sioniste de Grande Bretagne, mais elle comportait une restriction de taille : « étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte soit aux droits civiques et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, soit aux droits et aux statuts politiques dont les Juifs disposent dans tout autre pays ».

Mais si le démantèlement de l’Empire Ottoman, allié des empires d’Allemagne et d’Autriche-Hongrie durant la première guerre mondiale, était un but de guerre des alliés, la seconde guerre mondiale changea complètement la donne : la politique d’extermination des juifs menée par l’Allemagne nazie dans toute l’Europe – la Shoah – fut l’occasion d’un examen de conscience des puissances occidentales européennes et américaines sur la persistance d’un antisémitisme virulent, d’origine religieuse. En effet, de 1100 à 1500, par exemple, les principales principautés européennes procédèrent à l’expulsion des communautés juives pour des motifs économiques et politiques.

La tragédie vécue aujourd’hui par les palestiniens est aussi un dommage collatéral de l’antisémitisme qui a dominé L’Europe de l’Atlantique à l’Oural.

(À suivre).

Michel Perraud (ingénieur retraité ; militant CGT)


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