29 août 2017
Macron, le fondé de pouvoir de la bourgeoisie

mardi 29 août 2017

M. Macron, vient d’en sortir une bien bonne : « La France n'est pas un pays réformable. Beaucoup ont essayé et n'y ont pas réussi, car les Français détestent les réformes. Dès qu'on peut éviter les réformes, on le fait ». D’après M. Macron, si les jeunes, les salariés, les chômeurs et les précaires, les retraités n’acceptent pas les réformes, c’est qu’ils n’ont rien compris. Il faut donc les leur expliquer.

Par exemple, quand le prochain budget prévoit la remise en cause de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et l’augmentation de la CSG sur les salaires et les retraites, il faut comprendre que c’est triste pour les actionnaires et fabuleux pour les personnes salariées ou retraitées.

Autre exemple : quand le gouvernement réduit l’aide personnalisée au logement, les étudiants, les précaires, les chômeurs, les titulaires de petites retraites devraient sauter au plafond : 5 euros, c’est le prix de 5 baguettes de pain par mois. Enfin ! nous dit M. Macron, ce n’est presque rien, pourquoi s’en formaliser ?

Et puis, quand plusieurs milliers de bacheliers n’ont toujours pas eu de place dans l’enseignement supérieur, il faut voir le bon côté des choses : être tout de suite un chômeur, c’est un privilège !

Enfin, si les travailleurs sont si attachés au principe des garanties collectives, parce que la devise de la France comporte ces « malheureux » mots d’Égalité et de Fraternité, il faut qu’ils corrigent leur erreur : avec la déconstruction du code du travail, les patrons pourront enfin améliorer les conditions de travail et le pouvoir d’achat pour faire baisser le taux de chômage et la précarité !

Arrêtons là cet inventaire, et redevenons sérieux. Jamais, depuis les débuts de la 5ème République, une politique n’a été aussi réactionnaire. Il faut que le 12 septembre soit une réponse de classe à la politique du grand patronat. Un vrai départ pour un grand mouvement social. Nous pouvons gagner !

Michel Perraud (ingénieur retraité ; militant CGT)


© La Marseillaise – 2017.