15 août 2017
Esclavage, servitudes féodales et subordination salariale

mardi 15 août 2017

Les hommes au pouvoir se justifient comme ils peuvent pour faire face à leurs échecs face à la crise du chômage de masse. À Chirac qui, en 1976 voyait le bout du tunnel, répondait en écho Mitterrand qui croyait qu’il avait tout essayé ou Sarkozy prétendant vouloir redonner sa valeur au travail.

La réalité est très différente. La montée du chômage est la conséquence d’un choix politique assumé par toutes les classes dirigeantes : la puissance de travail du salariat doit être subordonnée aux propriétaires des entreprises.

Aristote, l’une des références intellectuelles de l’antiquité, a fait l’apologie de l’esclavage : « Il est donc évident qu’il y a par nature des gens qui sont les uns libres, les autres esclaves, et que pour ceux-ci, la condition servile est à la fois avantageuse et juste ». Institution dominante : le marché aux esclaves où s’échangeaient des marchandises négociables recherchées pour la valeur d’usage de leur force de travail.

Au Moyen-Âge, le roi de droit divin disposait de deux ordres : la noblesse qui lui était attachée par le lien de vassalité, et le clergé assurant au roi et à la noblesse la police de la pensée. Les paysans étaient certes devenus des personnes, mais sans droit, dont la vie était réglée par des servitudes.

Enfin, le capitalisme vint. Ses communicants ne parlent plus du marché aux esclaves. Ils récusent les servitudes féodales. Les individus sont libres, égaux et fraternels. Grâce à l’invention du salariat et du lien de subordination, le marché aux esclaves est devenu le marché de l’emploi. D’où les 226 années de lutte continuelles contre la loi Le Chapelier maintenant les salariés dans leur statut d’individus subordonnés, donc soumis.

La loi travail-XXL de Mme Pénicaud est au travail ce qu’un moulin à prières est à la culture. Le 12 septembre, nous serons dans la rue pour que les garanties conquises ne soient pas bradées sur l’autel du profit.

Michel Perraud (ingénieur retraité ; militant CGT)


© La Marseillaise – 2017.