08 août 2017
Les implications de l’égalité et de la fraternité

mardi 8 août 2017

La devise des Républiques françaises, depuis 1793, a toujours été « Liberté, Égalité, Fraternité ». Certes, il y eut des régimes intermittents, royalistes, bonapartistes ou pétainiste, dont les pouvoirs putschistes voulaient effacer cette devise. Mais la nation – fortement mobilisée – en a assuré le rétablissement dans les Constitutions républicaines.

La Liberté de cette devise, c’est évidemment celle des hommes et des femmes composant la nation. La nation sait faire la différence entre les libertés humaines et la liberté des marchés. Chacun sait bien que l’idée de concurrence libre et non faussée intéresse d’abord les mouvements de capitaux vers les paradis fiscaux et vers les marchés financiers. La monnaie, d’abord bien public, est devenu le moteur de la spéculation et de l’accumulation sans fin.

La Liberté des personnes a été oubliée par les néolibéraux. Son rétablissement doit donner tout leur sens à l’Égalité et à la Fraternité de la devise républicaine. Mais que veulent dire concrètement, aujourd’hui, ces valeurs ? C’est parfaitement clair quand on en connaît les implications constitutionnelles : assurer à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement ; garantir à tous la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs ; assurer aux personnes incapables de travailler des moyens convenables d’existence.

Il faut refuser que les marchés financiers agissent contre ces obligations constitutionnelles. Pour cela, il faut au minimum une réglementation des marchés, et notamment les marchés financiers et le marché du travail. Il faut écarter tout obstacle empêchant la nation d’assurer ces droits.

Contre les projets inégalitaires et anti-fraternels du gouvernement et du patronat, la nation mobilisée – seule légitime en dernier recours – doit se soulever le 12 septembre. Il le faut ! Pour faire respecter nos droits humains fondamentaux.

Michel Perraud (ingénieur retraité ; militant CGT)


© La Marseillaise – 2017.